20 avril 2026
Shoah et Justice- Le camp d'Hinzert
Sauvez-moi
Seul dans ma chambre, je cours les 100 pas
Avant-hier ? nous étions sept dans la salle
Usés, avant-hier mes camarades ont marché
Vous savez, ici c’est courir ou mourir
Et ici, marcher c’est décéder.
Zizanie au camp, peu après ils étaient
Morts. Comment penser à autre chose ?
Oublier de courir c’est oublier de vivre
Ignorer la course c’est accepter la mort.
Maël
Mise en contexte historique de ce poème :
« Vous avez été amenés ici pour travailler ou mourir ! Faites votre choix ! Si vous voulez sortir d’ici vivants, votre attitude devra changer ! Vous êtes tous des saletés et des terroristes français, mais vous apprendrez le respect, ou vous partirez d’ici les pieds devant ».
« Vous avez été amenés ici pour être punis, parce que vous avez tous commis des crimes contre le Reich. Vous êtes tous terroristes, et je vous donne ma parole que vous paierez pour cela, mais avant de le faire, vous allez apprendre la discipline. Vous êtes ennemis du Reich, et si vous voulez partir d’ici, vous ferez ce qu’on vous dit et travaillerez très dur ! »
Ces paroles étaient prononcées par Paul Sporrenberg, commandant du camp, (1896-1961) surnommé « l’homme au chien », cette expression dans l’univers concentrationnaire se passant de tout commentaire.
« L’intégration » se poursuit avec des exercices physiques destinés à briser les nouveaux arrivants : les détenus doivent former une longue file et courir autour de la place centrale du camp, de plus en plus vite. Ceux qui tombent sont battus à coup de bottes et de bâton. Puis ils doivent faire des pompes sous les coups et les bordées d’injures. Enfin, ils doivent sauter et coasser comme des grenouilles.